Article - Sécurité sociale

Le budget de l'Etat et l'assurance-maladie viennent éponger le déficit de la sécu
Avec un déficit prévu de 4,8 milliards d'euros en 2010 et presque autant en 2011, la sécurité sociale filait tout droit vers les abîmes. Le gouvernement a décidé de renflouer ses caisses. Le budget de l'État va apporter une contribution exceptionnelle à la sécu: 2,3 milliards d'euros en 2010 et 2,7 milliards en 2011.
L'assurance-maladie va également apporter son écot: une partie de son budget ne sera pas dépensée et viendra au secours de la sécu. Cela représente 350 millions en 2010 et 450 millions en 2011. Les intérêts générés par le «fonds d'avenir» en soins de santé seront également rapatriés dans les comptes de la gestion globale de la sécurité sociale. Résultat: le déficit de la sécu sera ramené à 1,7 milliard en 2010 et à 1 milliard en 2011. Ensuite, l'Etat fera un prêt sur vingt ans à la sécu pour apurer le solde de la dette.
Ces différents mécanismes permettront à la sécurité sociale de retrouver une santé financière plus rapidement que le Trésor. L'équilibre pourrait être atteint dès 2012 pour la sécu alors qu'on vise 2015 pour le budget de l'Etat. C'est un acquis important aux yeux du PS notamment: en laissant les comptes de la sécu aller à vau-l'eau, les dépenses sociales auraient été mises sous pression.
NORME DE 4,5 % MAINTENUE
Un autre point positif aux yeux du PS est le maintien de la norme de croissance en soins de santé, fixée à 4,5 % (hors inflation). Cette marge budgétaire ne sera toutefois que très partiellement dépensée au cours des deux prochaines années.
On l'a dit, une partie servira à renflouer la gestion globale de la sécu. Une autre partie alimentera le «fonds d'avenir» en soins de santé. Ce fonds est censé financer, à partir de 2012, les dépenses de santé supplémentaires causées par le vieillissement de la population. En 2010, 294 millions d'euros y seront consacrés. Fin 2010, le fonds sera ainsi doté de 1,279 milliard.
En dehors de ces opérations, le budget 2010 des soins de santé - 24,25 milliards au total - prévoit des initiatives nouvelles à hauteur de 339 millions. Elles seront financées
en partie par plus de 200 millions d'économies sur d'autres postes de l'assurance maladie.
Parmi les nouvelles initiatives, on épinglera un effort en faveur des infirmières, notamment via l'octroi d'un sursalaire pour les prestations de soirée et la revalorisation de certaines qualifications. A l'hôpital, les suppléments de chambre à deux lits seront dorénavant supprimés. Toute une série de mesures sont prises aussi en faveur des malades chroniques et des patients souffrant du cancer, Enfin, le fonds des aléas thérapeutiques sera lancé en 2010. Il indemnisera les victimes d'erreurs médicales. Les principales économies concernent d'abord l'imagerie médicale et la biologie clinique (100 millions). L'industrie pharmaceutique est également mise à contribution: d'une part, le prix des vieux médicaments sera encore diminué; d'autre part, le prix des médicaments originaux devra obligatoirement baisser dès qu'un générique apparaît sur le marché.
Vu dans L'Écho. Écrit par Alain Narinx
Publication du 14 octobre 2009
