Article - Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? (suite)

Il est possible, sur la base des deux tableaux, de tirer quelques conclusions prudentes. La chambre individuelle peut être sensiblement plus chère que le reste, le rythme des augmentations de prix la concernant n'est pas aussi élevé que celui des autres postes. L'augmentation de 2006 à 2007 en chambre individuelle oscille entre 7% et 10% dans toutes les classes d'âge.
On remarquera que les limitations introduites dans les polices, relatives tant à la chambre individuelle qu'aux autres chambres, ne freinent pas le rythme de l'augmentation. Il faut interpréter les chiffres 2006 avec les précautions d'usage car le matériel chiffré relatif aux limitations introduites n'a pas été
disponible sous une forme identique chez tous les divers assureurs Soins de santé. Il en est de même pour la volatilité des clients durant l'année, qui a été interprétée différemment par les divers assureurs. Cela vaut également pour les autres couvertures. L'étude semble démontrer que les frais de traitement pré- et post-opératoires sont moins élevés en 2007 qu'en 2006.
La couverture maladies graves est une garantie qui n'a connu sa percée que ces dernières années. La clientèle existante ne se sentait probablement pas interpellée par cette garantie et, comme les maladies graves connaissent le plus souvent une longue période d'incubation, ceci explique sans doute la forte augmentation en 2006 et la stabilisation en 2007. Il ne faut pas négliger
que certaines maladies graves sont bien remboursées par le système légal et coûtent moins à l'assureur privé. La garantie des frais résiduels est fortement influencée par les remèdes et matériels médicaux tels que les prothèses. L'augmentation de l'intervention de la sécurité sociale a allégé sensiblement la facture de l'assureur privé.
Les données chiffrées fournies ont égaiement mis en lumière que les bases techniques de la détermination de la prime et la collecte de matériel statistique sont très différentes dans les diverses compagnies. Il y a là une tâche à remplir par une instance tutélaire (Assuralia, CBFA) qui mettrait au point des directives claires et uniformes. Le modèle allemand pourrait servir d'exemple.
Les données chiffrées fournies proviennent des hôpitaux et du monde médical. La manière suivant laquelle le législateur impose des obligations à ces instances a bien sûr également un impact direct sur la facture que le patient reçoit et un impact indirect
sur les statistiques des assureurs. L'assureur Soins de santé privé ressent par conséquent dans ses statistiques de sinistres toute modification de la législation. Il en va de même en ce qui concerne les changements dans l'état sanitaire de notre société, telle la forte augmentation des cas d'obésité et le développement du cancer. L'augmentation des coûts est également un baromètre de la hausse de la consommation médicale dans notre société. C'est la combinaison de tous ces éléments qui fait que le rythme d'augmentation n'est pas la pure résultante de l'application d'un indice des prix. La fréquence joue également un rôle.
Vu dans . Écrit par Willy Janssens
Publication du 09 avril 2010
