Article - Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Pourquoi  faire simple quand on peut faire compliqué?

Un indice médical pour les polices Soins de santé privées

Les assurances Hospitalisation rencontrent un grand succès, et cela fait vingt ans que ça dure. On peut même parler d'une véritable percée dans le grand public. Ces derniers temps, cette assurance populaire subit toutefois un fort vent contraire. Les hausses de primes, parfois spectaculaires, n'y sont pas étrangères.

Il fut un temps où des professeurs renommés affirmaient que chaque ménage devait disposer au moins de quatre contrats d'assurance: une police Auto, une police Vie, une police Incendie et une police Familiale. Depuis une dizaine d'années, l'Assurance Hospitalisation a conquis sa place dans le portefeuille d'assurances de la plupart des ménages. Il ne fait pas de doute que la diminution des interventions de la sécurité sociale ait contribué à ce succès. Toutefois, cette police si populaire défraye la chronique avec la régularité d'un métronome. Les assureurs Soins de santé privés ont souvent temporisé avant de compter à leurs clients les coûts croissants des soins médicaux.
Il en est résulté d'importants déficits dans le compte de résultat des assureurs hésitants, ce qui a débouché ensuite sur des augmentations de prime brutales. On a connu ainsi des assureurs Hospitalisation qui n'avaient pas adapté leurs primes cinq années durant; ils se sont alors vus contraints d'appliquer soudain des hausses de 40%, voire de 100%. Pour le client, il n'est assurément pas plaisant de recevoir un avis annonçant que sa prime Hospitalisation a fait un grand bond en avant. De tels chocs relatifs aux prix doivent être évités. C'est pourquoi la division Maladie d'Assuralia, l'union professionnelle des entreprises d'assurances, se dépense depuis le début de cette décennie pour développer un indice qui traduise l'augmentation du prix d'une admission dans un hôpital. Cet indice servirait chaque année de mesure de l'adaptation des primes. A cause de la méfiance qu'il nourrit à l'égard du secteur de l'assurance, le gouvernement a approché à ce sujet la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) et le Centre fédéral d'expertise des soins de santé.
Au cours de l'été 2008, en concertation avec la Commission Finances et Budget de la Chambre, la mission a été limitée au développement de la méthode de mise au point d'un indice des prix en vue de l'adaptation des contrats d'assurance privée Soins de santé. Quant au rapport lui-même, on a fait appel à des spécialistes. On a examiné également la manière dont les autres pays ont traité le problème. Assuralia a veillé à la collecte de matériel chiffré, tandis que le bureau de conseils actuariels Readin, une spin-off de l'Institut des sciences actuarielles de l'UCL, a apporté la méthode d'analyse des données. Vu la complexité du problème, on peut affirmer qu'on a bien travaillé, car le rapport final est parvenu au gouvernement avant la date limite convenue.

Vu dans  . Écrit par Willy Janssens

Publication du 10 avril 2010