Article - Vos médicaments bientôt moins chers!

Avec blocage et contrôle des prix. Et obligation pour les pharmaciens, dès le 1er mars, de vendre le médicament le moins cher

BRUXELLES En ces moments de crise, les bonnes nouvelles sont plutôt rares pour notre portefeuille. Mais pas inexistantes…

Le Conseil des ministres du 23 décembre dernier a décidé, “en exécution de l’accord de gouvernement” , de prolonger le mécanisme de blocage des prix des médicaments.
Par ailleurs, une autre mesure importante entrera en vigueur le 1er mars prochain. Lorsqu’un médecin prescrira une molécule et non une marque bien précise, le pharmacien aura l’obligation de vendre le médicament le moins cher de la gamme (un générique, par exemple).
“Une certaine latitude est tout de même laissée aux pharmaciens qui n’ont pas toujours toutes les sortes de médicaments en stock” , précise-t-on au cabinet de la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS).
Mais la marge de manœuvre est limitée. Pour une même gamme de médicaments (ayant la même molécule), on regardera quel est le moins cher. Celui-là servira de base. Et seuls les médicaments dont le prix est compris dans une fourchette de +/- 5% seront remboursés.
Par exemple, le médicament le moins cher d’une gamme coûte 20 euros. Seuls ceux entre 21 (+ 5%) et 19 euros (-5%) seront encore remboursés.
Petite nuance : si la différence de prix entre le moins cher (par exemple, 20 euros) et le reste du marché (environ 30 euros) est trop importante, la règle des 5% s’appliquera sur le deuxième médicament le moins cher.
Enfin, cette même règle pourrait être étendue à tous les antibiotiques ou les antimycosiques sans exception – qu’ils soient donc prescrits par le nom de leur molécule ou par une marque bien précise. Une décision à cet égard devrait être prise pour la fin du mois de janvier.
Dans un autre registre, l’accord de gouvernement prévoit aussi la mise en place d’un système de contrôle des prix des médicaments. Le ministre Johan Vande Lanotte (SP.A), en charge de la Protection des consommateurs, est à la manœuvre.
Cela pourrait se concrétiser très vite. Peut-être dès la semaine prochaine. Un groupe de travail planche en ce moment sur les modalités du contrôle.
Concrètement, à l’avenir, les prix des médicaments en Belgique pourraient être diminués s’ils dépassent la moyenne des prix dans les pays voisins (Pays-Bas, Allemagne, France, Luxembourg). Et s’ils sont plus bas chez nous ? “Pas question bien sûr de les augmenter” , sourit-on au cabinet Vande Lanotte.
© Reporters

Vu dans La Dernière Heure. Écrit par Antoine Clevers

Publication du 14 janvier 2012

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