Zolgensma est une thérapie génique utilisée pour traiter certaines formes d’amyotrophie spinale (SMA), une maladie génétique rare qui entraîne une faiblesse et une atrophie musculaires progressives. Le nom du traitement est parfois recherché sous des orthographes approximatives, comme « Solgesma », mais sa dénomination correcte est bien « Zolgensma ». Administré en une seule perfusion intraveineuse, ce médicament apporte aux cellules une copie fonctionnelle du gène SMN1. Zolgensma illustre ainsi le développement de thérapies ciblant directement l’origine génétique de certaines maladies rares.
L’essentiel à retenir
- Zolgensma est un médicament de thérapie génique destiné à certaines formes d’amyotrophie spinale.
- Sa substance active est l’onasemnogene abeparvovec.
- Le traitement apporte une copie fonctionnelle du gène SMN1, défectueux chez les patients concernés.
- Zolgensma est administré en une seule perfusion intraveineuse d’environ une heure.
- Il possède le statut de médicament orphelin, c’est-à-dire un médicament développé pour une maladie rare.
- Le traitement nécessite une surveillance médicale spécialisée, notamment en raison de risques hépatiques et hématologiques.
Sommaire
- Qu’est-ce que Zolgensma ?
- Quelle maladie rare Zolgensma permet-il de traiter ?
- Comment fonctionne cette thérapie génique ?
- Comment Zolgensma est-il administré ?
- Quelle est son efficacité ?
- Quels sont ses risques et effets indésirables ?
- Pourquoi parle-t-on de médicament orphelin ?
- Zolgensma peut-il traiter d’autres maladies rares ?
Qu’est-ce que Zolgensma ?
Zolgensma est un médicament de thérapie génique dont la substance active est l’onasemnogene abeparvovec. Il est autorisé dans l’Union européenne pour traiter certains patients atteints d’amyotrophie spinale 5q, une maladie génétique rare affectant les neurones qui contrôlent les muscles.
Zolgensma appartient à la catégorie des médicaments de thérapie innovante. Contrairement à un médicament conventionnel administré régulièrement pour agir sur un mécanisme biologique ou soulager des symptômes, son objectif est d’apporter du matériel génétique fonctionnel aux cellules du patient.
L’Agence européenne des médicaments a recommandé son autorisation en mars 2020. Une autorisation conditionnelle de mise sur le marché valable dans l’Union européenne a été délivrée le 18 mai 2020, avant d’être convertie en autorisation complète en mai 2022.
Quelle maladie rare Zolgensma permet-il de traiter ?
Zolgensma est utilisé contre l’amyotrophie spinale, ou SMA, une maladie neuromusculaire génétique rare. La maladie affecte les motoneurones, c’est-à-dire les cellules nerveuses qui commandent les mouvements musculaires.
Lorsque ces neurones dégénèrent, les muscles qu’ils contrôlent sont de moins en moins sollicités. Il en résulte une faiblesse musculaire et une atrophie progressive.
Dans l’Union européenne, Zolgensma est indiqué chez les patients présentant une amyotrophie spinale 5q avec une mutation bi-allélique du gène SMN1 et :
- un diagnostic clinique de SMA de type 1 ;
- ou jusqu’à trois copies du gène SMN2.
Zolgensma ne constitue donc pas un traitement de toutes les maladies rares ni de toutes les maladies neuromusculaires. Son indication concerne une maladie génétique précise et des patients répondant à des critères médicaux et génétiques définis.
Pourquoi le gène SMN1 est-il important dans l’amyotrophie spinale ?
Le gène SMN1 permet normalement à l’organisme de produire la protéine SMN, pour « survival motor neuron ». Cette protéine est indispensable au fonctionnement et à la survie des motoneurones.
Chez les personnes atteintes de SMA 5q, les anomalies de SMN1 empêchent la production d’une quantité suffisante de protéine SMN fonctionnelle. Les motoneurones se détériorent progressivement puis peuvent mourir, ce qui entraîne une faiblesse musculaire croissante.
Un autre gène, SMN2, peut également produire la protéine SMN, mais il en produit principalement une version raccourcie qui ne compense pas complètement l’absence de SMN1. Le nombre de copies de SMN2 joue notamment un rôle dans la variabilité de la maladie.
Comment fonctionne la thérapie génique Zolgensma ?
Zolgensma apporte aux cellules une copie fonctionnelle du gène SMN1 afin qu’elles puissent produire suffisamment de protéine SMN. L’objectif est de préserver le fonctionnement des motoneurones et ainsi la fonction musculaire.
Pour transporter le matériel génétique jusqu’aux cellules, le traitement utilise un vecteur viral adéno-associé de sérotype 9, ou AAV9. Celui-ci a été modifié pour servir de véhicule au gène thérapeutique sans provoquer la maladie associée à un virus pathogène.
Après l’administration, le vecteur transporte la copie fonctionnelle du gène jusqu’aux cellules ciblées. Celles-ci peuvent alors produire la protéine SMN nécessaire au fonctionnement des motoneurones.
Une thérapie génique ne signifie pas que l’ensemble du génome du patient est réécrit. Dans le cas de Zolgensma, le principe consiste à fournir aux cellules une copie fonctionnelle du gène SMN1 afin de compenser le défaut génétique responsable de la maladie.
Comment Zolgensma est-il administré ?
Zolgensma est administré une seule fois, par perfusion intraveineuse pendant environ une heure. Cette administration doit avoir lieu dans un établissement adapté et sous la supervision d’un médecin expérimenté dans la prise en charge de l’amyotrophie spinale.
Une seule administration : contrairement à de nombreux traitements chroniques, Zolgensma est conçu pour être administré en une perfusion intraveineuse unique.
Cette administration unique ne signifie toutefois pas que le suivi médical s’arrête après la perfusion. Des examens sont nécessaires avant et après le traitement.
Des corticostéroïdes sont notamment administrés afin de réduire certains risques liés au traitement. Des analyses sanguines et hépatiques sont également réalisées dans le cadre de la surveillance.
Quelle efficacité a été observée avec Zolgensma ?
Les études ayant conduit à l’autorisation ont montré une amélioration de la survie sans ventilation permanente et l’acquisition de certaines capacités motrices chez des nourrissons atteints de formes sévères de SMA.
Dans l’étude principale présentée par l’EMA, 20 des 22 nourrissons traités étaient vivants et respiraient sans ventilation permanente à 14 mois.
L’EMA comparait ce résultat à l’histoire naturelle des formes sévères de la maladie : sans traitement, environ un quart des patients concernés auraient été attendus en vie sans ventilation permanente à cet âge.
Dans cette même étude, 14 nourrissons sur 22 pouvaient rester assis sans aide pendant au moins 30 secondes à l’âge de 18 mois, une étape motrice qui n’est normalement pas atteinte par les nourrissons présentant les formes sévères non traitées décrites dans l’histoire naturelle de la maladie.
Ces résultats doivent être replacés dans leur contexte : ils concernent une population précise de nourrissons atteints de SMA et ne permettent pas de prédire exactement la réponse d’un patient particulier.
Zolgensma guérit-il l’amyotrophie spinale ?
Zolgensma traite la cause génétique de la SMA en apportant une copie fonctionnelle de SMN1, mais les résultats dépendent notamment de l’état du patient au moment du traitement.
Les motoneurones déjà perdus ne sont pas simplement recréés par la thérapie. L’intérêt d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces est donc majeur : intervenir avant qu’une perte neuronale importante ne se soit produite peut influencer les possibilités de développement moteur.
Le traitement ne dispense pas non plus d’une prise en charge globale de l’amyotrophie spinale. Selon les besoins, le patient peut continuer à nécessiter un suivi respiratoire, nutritionnel, moteur et orthopédique ainsi que des soins de rééducation.
Quels sont les risques et effets indésirables de Zolgensma ?
Zolgensma nécessite une surveillance médicale étroite car la thérapie génique peut entraîner des effets indésirables potentiellement sérieux.
L’EMA répertorie notamment parmi les effets indésirables :
- une augmentation des enzymes hépatiques ;
- une atteinte du foie ;
- une diminution du nombre de plaquettes sanguines ;
- une augmentation de la troponine, un marqueur utilisé pour évaluer une atteinte du muscle cardiaque ;
- de la fièvre ;
- des vomissements.
Une microangiopathie thrombotique, complication aiguë potentiellement grave associant notamment une diminution des plaquettes, une destruction des globules rouges et une atteinte rénale, a également été rapportée après traitement.
L’EMA a par ailleurs communiqué sur des cas d’insuffisance hépatique aiguë fatale. La fonction hépatique doit donc être évaluée avant le traitement et surveillée après son administration.
Ces risques expliquent pourquoi Zolgensma ne peut être administré comme un traitement courant. La sélection du patient, la préparation à la perfusion et la surveillance après traitement relèvent d’équipes médicales spécialisées.
Quel est le lien entre Zolgensma et les maladies rares ?
Zolgensma est directement lié aux maladies rares puisqu’il a été développé pour traiter l’amyotrophie spinale et possède le statut réglementaire de médicament orphelin.
L’EMA a accordé au traitement une désignation de médicament orphelin le 19 juin 2015. Cette désignation est attribuée à des médicaments développés pour des maladies rares graves, chroniques ou potentiellement mortelles répondant aux critères réglementaires européens.
Lors de l’autorisation de Zolgensma, le Comité des médicaments orphelins de l’EMA a réévalué son statut et recommandé son maintien.
Qu’est-ce qu’un médicament orphelin ?
Un médicament orphelin est un médicament développé pour diagnostiquer, prévenir ou traiter une maladie rare répondant à des critères réglementaires précis.
Les maladies rares posent des difficultés particulières pour le développement de traitements : les populations de patients sont réduites, les essais cliniques sont plus difficiles à organiser et les coûts de recherche peuvent être élevés par rapport au nombre potentiel de personnes traitées.
La réglementation européenne prévoit donc des dispositifs spécifiques afin de favoriser le développement de médicaments répondant à ces besoins médicaux.
Pourquoi Zolgensma est-il emblématique des nouvelles thérapies contre les maladies rares ?
Zolgensma illustre une évolution importante de la médecine des maladies génétiques : agir directement sur le mécanisme génétique responsable plutôt que seulement sur ses conséquences.
Dans la SMA 5q, la cause moléculaire est suffisamment bien caractérisée pour qu’une stratégie thérapeutique puisse chercher à compenser le déficit en SMN1.
Cette approche ne peut toutefois pas être transposée automatiquement à toutes les maladies rares. Pour développer une thérapie génique, il faut notamment comprendre suffisamment précisément la cause moléculaire de la maladie, déterminer quelles cellules doivent être ciblées et disposer d’un moyen adapté d’y acheminer le matériel génétique.
Zolgensma n’est pas un traitement universel des maladies génétiques rares. Il s’agit d’une thérapie conçue pour une indication génétique précise : certaines formes d’amyotrophie spinale 5q liées au gène SMN1.
Zolgensma peut-il être utilisé contre d’autres maladies rares ?
Zolgensma n’est pas autorisé comme traitement général d’autres maladies rares. Son autorisation européenne concerne des patients atteints de SMA 5q répondant aux critères génétiques et cliniques définis dans son indication.
D’autres thérapies géniques utilisent néanmoins des principes comparables pour traiter d’autres maladies. Chaque médicament est développé avec un vecteur, une cible génétique, une dose et un protocole adaptés à la maladie concernée.
Le succès d’une thérapie génique dans une maladie ne permet donc pas de conclure qu’elle sera efficace ou sûre dans une autre.
Questions fréquentes sur Zolgensma
Qu’est-ce que Zolgensma ?
Zolgensma est une thérapie génique contenant de l’onasemnogene abeparvovec. Elle est destinée au traitement de certaines formes d’amyotrophie spinale 5q liées à une anomalie du gène SMN1.
Quelle maladie Zolgensma traite-t-il ?
Zolgensma traite certaines formes d’amyotrophie spinale, ou SMA, une maladie génétique rare qui entraîne une dégénérescence des motoneurones et une faiblesse musculaire progressive.
Zolgensma est-il une thérapie génique ?
Oui. Le médicament apporte aux cellules une copie fonctionnelle du gène SMN1 afin de permettre la production de la protéine SMN nécessaire aux motoneurones.
Combien de fois Zolgensma est-il administré ?
Zolgensma est conçu pour être administré une seule fois, sous la forme d’une perfusion intraveineuse d’environ une heure.
Zolgensma est-il un médicament orphelin ?
Oui. Il a obtenu une désignation de médicament orphelin dans l’Union européenne pour le traitement de l’amyotrophie spinale.
Zolgensma peut-il traiter toutes les maladies génétiques ?
Non. Il cible une maladie et un mécanisme génétique précis. Les thérapies géniques développées pour d’autres maladies utilisent leurs propres stratégies thérapeutiques.
Zolgensma présente-t-il des risques ?
Oui. Des complications notamment hépatiques, sanguines et rénales sont possibles. Le traitement nécessite donc des examens avant son administration et une surveillance médicale spécialisée après la perfusion.
Ce qu’il faut retenir sur Zolgensma et les maladies rares
Zolgensma est une thérapie génique destinée à certaines formes d’amyotrophie spinale, une maladie neuromusculaire génétique rare. Administré une seule fois par voie intraveineuse, il apporte une copie fonctionnelle du gène SMN1 afin de permettre aux cellules de produire la protéine indispensable à la survie des motoneurones.
Son statut de médicament orphelin et son mécanisme d’action en font un exemple important des nouvelles approches développées contre certaines maladies rares d’origine génétique.
Zolgensma ne constitue cependant ni un traitement de toutes les maladies rares ni une thérapie sans risque. Son indication est précisément définie et son administration nécessite une équipe spécialisée ainsi qu’une surveillance médicale avant et après le traitement.
Information médicale : cet article fournit des informations générales et ne permet pas de déterminer si Zolgensma convient à un patient. L’indication d’une thérapie génique et l’évaluation de ses bénéfices et risques relèvent d’une équipe médicale spécialisée.
Sources médicales
- Agence européenne des médicaments (EMA) — Zolgensma, EPAR.
- Agence européenne des médicaments (EMA) — Désignation orpheline EU/3/15/1509 pour le traitement de l’amyotrophie spinale.
- Agence européenne des médicaments (EMA) — Communications de sécurité concernant Zolgensma.